Direction du Système d’Information et du Numérique

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5 principes pour utiliser l’IA dans son activité professionnelle

L’intelligence artificielle générative s’installe progressivement dans les pratiques professionnelles et ouvre de nouvelles possibilités pour les agents publics.

Pour accompagner ces usages, la DINUM, la DITP et la DGAFP ont publié un Guide d’usage de l’intelligence artificielle à destination des agents publics, qui propose des repères concrets pour utiliser ces outils de manière responsable et adaptée au cadre professionnel.

L’objectif de ce guide ? Donner un cadre permettant de l’utiliser de manière responsable, conforme au droit et compatible avec les principes du service public.

Le guide repose sur cinq grands principes.


Dans cet article, découvrez chacun des principes et comment les traduire concrètement dans nos usages professionnels.

Le guide de la DINUM rappelle qu’une IA générative peut produire une synthèse, rédiger un premier brouillon ou suggérer des pistes de réflexion, mais que la responsabilité du résultat reste celle de l’agent.

Prenons un exemple : vous demandez à une IA de rédiger une note ou un courrier administratif. Le document peut sembler clair, bien rédigé et professionnel, tout en contenant une information inadaptée au contexte.

Le guide recommande donc de considérer l’IA comme un outil d’assistance : l’agent doit relire, vérifier et adapter le contenu avant de l’utiliser.

Quelques bons réflexes préconisés :

  • Vérifiez avant d’utiliser : contrôlez la fiabilité du contenu, la validité des sources et des raisonnements, puis adaptez la réponse à votre contexte et à votre besoin.

  • Évaluez la criticité de la tâche : adaptez le niveau de contrôle humain à la sensibilité de la tâche, et écartez l’usage de l’IA lorsqu’une vérification fiable n’est pas possible.

Utiliser une IA implique souvent de lui transmettre des informations : une question, un texte, un document ou plusieurs fichiers.

Le guide rappelle que les données sensibles doivent être traitées uniquement avec les outils autorisés par l’administration. Avant de transmettre une information à une IA, il faut donc s’interroger sur sa nature : une information publique ne présente pas les mêmes risques qu’un document interne, une donnée concernant un étudiant ou un personnel, ou une information confidentielle.

En cas de doute, demandez conseil aux interlocuteurs compétents.

Quelques bons réflexes :

Avant de copier un texte ou d’importer un document dans une IA, posez-vous trois questions :

  • Cette information est-elle publique ?
  • Ai-je réellement besoin de transmettre l’intégralité du document ?
  • L’outil utilisé est-il autorisé et adapté à ce type de données ?

Lorsque cela est possible, limitez les informations transmises et supprimez ou anonymisez les données personnelles inutiles.

Lorsque l’IA joue un rôle important dans la production d’un contenu, d’une analyse ou dans la préparation d’une décision, son utilisation doit pouvoir être expliquée clairement aux personnes concernées.

Prenons un exemple : vous utilisez une IA pour produire une première version d’un rapport destiné à être diffusé à l’extérieur de votre service. Même si vous relisez et corrigez le document, il est pertinent d’indiquer que l’IA a contribué à sa rédaction.

La transparence doit être proportionnée à l’usage : une simple reformulation n’appelle pas le même niveau d’information qu’un contenu largement généré par l’IA, une interaction directe avec un assistant conversationnel ou une décision administrative appuyée par un traitement automatisé.

Quelques bons réflexes :

  • Informez lorsque l’IA a joué un rôle substantiel : précisez son intervention lorsqu’elle a contribué de manière importante à la rédaction, à l’analyse ou à la préparation d’une décision.
  • Adaptez la forme de la mention au contexte : une mention orale peut suffire dans certains usages internes (présentation en réunion), tandis qu’un document externe ou un service destiné aux usagers peut nécessiter une information plus formelle.
  • Gardez une trace pour les usages sensibles : lorsque l’IA contribue à une décision importante, conservez les éléments permettant d’expliquer son rôle, les résultats proposés et les critères ayant conduit à la décision finale.

Utiliser une IA ne dispense pas de respecter les règles qui s’appliquent déjà dans le cadre professionnel. Son usage doit rester responsable, proportionné au besoin et compatible avec le droit d’auteur, les principes éthiques et les enjeux environnementaux.

En outre, une IA peut reproduire des biais ou stéréotypes présents dans ses données d’entraînement. Il faut donc garder un regard critique sur les contenus produits, notamment lorsqu’ils concernent des personnes, des métiers ou des publics.

Enfin, l’IA a un impact environnemental, car chaque génération consomme de l’énergie et de l’eau pour faire tourner et refroidir les serveurs. L’IA ne doit donc pas devenir un réflexe pour des tâches simples qui peuvent être réalisées autrement.

Bon réflexe :

  • Utilisez l’IA lorsque son apport est réel : pour explorer des pistes, synthétiser, reformuler ou gagner du temps sur une tâche complexe.
  • Respectez les contenus existants : évitez de demander la reproduction d’une œuvre, d’un style ou d’un contenu protégé, et vérifiez les productions avant diffusion.
  • Repérez les biais : relisez les résultats et corrigez les formulations stéréotypées, discriminantes ou déséquilibrées.
  • Adoptez un usage sobre : formulez des demandes précises, limitez les essais inutiles et privilégiez une solution plus simple lorsqu’elle suffit.

Les outils évoluent rapidement, et les modèles utilisés aujourd’hui ne sont pas nécessairement ceux qui seront disponibles demain. Par ailleurs, les fonctionnalités comme et limites des outils changent régulièrement.

La DINUM souligne donc l’importance de la formation continue des agents aux possibilités mais aussi aux risques et aux limites de l’intelligence artificielle. 

Il faut également comprendre les limites de l’IA, savoir vérifier ses réponses, protéger les données transmises et choisir l’outil le plus adapté au contexte.

Avant d’utiliser une IA : le réflexe en 30 secondes

Avant d’envoyer votre demande, vérifiez simplement quatre points :

  • Les données : quelle est la nature des informations que je vais transmettre et l’outil utilisé est-il adapté à leur niveau de sensibilité ?
  • La nécessité : ai-je besoin de transmettre toutes ces informations pour obtenir le résultat attendu ?
  • La vérification : suis-je capable de vérifier le résultat qui va être produit ?
  • La responsabilité :suis-je en mesure de relire, vérifier et valider le résultat avant de l’utiliser ?

 

Si la réponse à l’une de ces questions est incertaine, mieux vaut adapter la demande ou se renseigner avant de poursuivre.

Un cadre commun, des usages à construire

L’objectif du guide interministériel est de proposer un socle commun de bonnes pratiques pour accompagner une intégration progressive, responsable et adaptée de l’intelligence artificielle dans les activités professionnelles.

À l’Université de Montpellier, ces principes constituent un socle général de bonnes pratiques. Ils s’articuleront avec le cadre institutionnel relatif aux usages de l’IA, notamment concernant le choix des outils selon la nature et la sensibilité des données manipulées.

L’enjeu est de profiter des possibilités offertes par l’intelligence artificielle tout en conservant maîtrise, esprit critique et responsabilité sur son travail.

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