C’est autour de cette question que Jeff Van de Poël, spécialiste du digital learning ayant accompagné plus de 1 500 enseignants, a construit l’atelier expert proposé par le Service des Usages du Numérique le 27 janvier 2026. La session a réuni des enseignants et des ingénieurs pédagogiques qui souhaitaient interroger leurs pratiques numériques.
Avant d’aborder des outils ou des dispositifs, l’intervenant a invité les participants à analyser leurs pratiques existantes. Le numérique apporte-t-il une simple amélioration fonctionnelle ou transforme-t-il réellement les activités d’apprentissage proposées aux étudiants ?
Pour structurer cette réflexion, Jeff Van de Poël s’est appuyé sur le modèle SAMR, élaboré par Ruben Puentedura. Ce cadre distingue quatre niveaux — Substitution, Augmentation, Modification et Redéfinition — qui permettent de situer ses usages et d’en interroger la portée pédagogique.
Un cadre pour analyser ses pratiques
Le modèle SAMR offre une grille de lecture accessible pour interroger la place du numérique dans un cours. Il ne s’agit pas de viser systématiquement le niveau le plus élevé, mais de comprendre ce que le numérique transforme réellement dans les activités proposées aux étudiants.
L’atelier a rappelé un point essentiel, la technologie n’est pas une finalité en soi. Elle n’a de sens que si elle soutient effectivement les apprentissages. Autrement dit, l’enjeu ne porte pas sur l’outil, mais sur la nature des activités proposées aux étudiants et étudiantes.
Remplacer un support papier par un document en ligne relève d’une substitution. Centraliser des échanges via un forum constitue une amélioration fonctionnelle. En revanche, organiser des débats asynchrones, proposer des entraînements réguliers avec feedback ou mettre en place des parcours différenciés modifie plus profondément la manière d’apprendre. Ce sont ces niveaux de modification et de redéfinition qui interrogent directement les pratiques pédagogiques.
Structurer le temps hors présentiel
Une part importante des échanges a porté sur l’articulation entre présentiel et travail à distance. L’intervenant a distingué trois temps dans l’action pédagogique, le cours en présence, l’apprentissage en ligne guidé et le travail personnel autonome.
Dans de nombreux dispositifs, le temps situé entre les séances reste peu formalisé, alors qu’il représente une part significative du travail étudiant. Plusieurs participants ont souligné la difficulté à structurer ce temps intermédiaire, en particulier dans des contextes à effectifs importants.
L’atelier a présenté plusieurs pistes concrètes pour investir cet espace via Moodle, en combinant activités préparatoires, quiz formatifs, espaces de discussion ou validation de prérequis. L’objectif est de soutenir un engagement plus régulier et d’éviter que l’essentiel du travail ne se concentre à l’approche des examens.
L’atelier a rappelé un point essentiel, la technologie n’est pas une finalité en soi. Elle n’a de sens que si elle soutient effectivement les apprentissages. Autrement dit, l’enjeu ne porte pas sur l’outil, mais sur la nature des activités proposées aux étudiants et étudiantes.
Remplacer un support papier par un document en ligne relève d’une substitution. Centraliser des échanges via un forum constitue une amélioration fonctionnelle. En revanche, organiser des débats asynchrones, proposer des entraînements réguliers avec feedback ou mettre en place des parcours différenciés modifie plus profondément la manière d’apprendre. Ce sont ces niveaux de modification et de redéfinition qui interrogent directement les pratiques pédagogiques.
Les scénarios comme points d’appui
Huit scénarios pédagogiques génériques ont été présentés pour illustrer différentes manières d’articuler présentiel et distanciel. Certains visent à encourager le travail continu grâce à des tests réguliers assortis de feedback, d’autres à structurer des débats dans de grands groupes ou à proposer des parcours adaptés aux niveaux des étudiants.
Ces scénarios sont pensés comme des points d’appui. Ils peuvent être ajustés selon les contextes disciplinaires et les contraintes propres à chaque formation. L’objectif n’est pas de proposer un modèle unique, mais d’ouvrir des pistes transférables.
Pour approfondir
Le Service des Usages du Numérique met à disposition des équipes des parcours d’autoformation sur Moodle consacrés à l’hybridation, à l’évaluation et aux usages pédagogiques du numérique, ainsi qu’une banque de tutoriels dédiée aux outils institutionnels. Ces ressources peuvent compléter les ateliers et permettre à chacun d’avancer à son rythme.
Le replay de la session est disponible sur la plateforme POD de l’université, en cliquant ici.